18/07/2007

ALBUM REVIEW (*****) - NICO, "Desertshore" - 1970 (2002), 4 Men With Beards

Nico_desertshoreUne claque magistrale que cet album de NICO, "Desertshore", sorti en 1970, et qui fit office de B.O. au film expérimental "La Cicatrice Intérieure" de Philippe Garrel (France 1971). Encore un peu sous le choc des deux premières écoutes de l'album, j'ai bien l'impression de n'avoir jamais rien entendu d'aussi beau et d'aussi émouvant. La voix de Nico, soulignée par les notes de son harmonium, est une pure merveille d'intensité dramatique. Moins définitivement sombre que le tétanisant "The Marble Index" (1968), "Desertshores" est empli d'une lumière sourde où parfois l'on voit poindre un sourire, comme dans cette chanson dédiée à son fils Ari, "My only child". Le garçonnet que l'on retrouve comme interprète d'une chansonnette bouleversante, "Le petit chevalier", écrite par Nico dans un français approximatif ("Je suis le petit chevalier / Avec le ciel dessus mes yeux / Je ne peux pas me effroyer / Je suis le petit chevalier / Avec la terre dessous mes pieds / J'irai te visiter / J'irai te visiter"). Entendons-nous: le tout reste extrêmement dark et mélancolique: gothique. On retrouve sur la face B deux titres en allemand, somptueux: "Abschied" où des violons torturés s'agrippent au chant de Nico, et "Mütterlein" écrit pour sa maman: encore un titre épique où les notes graves des pianos de John Cale font frémir. Les morceaux d'ouverture de l'album "Janitor of Lunacy" et "The Falconer" sont tout aussi incroyables et éprouvants pour les âmes sensibles, les envolées lyriques de "The Falconer" arrachant leur lot de frissons au passage. John Cale, le compère de Velvet Underground, est à la production, aux arrangements et s'occupe de l'ensemble des accompagnements (Violons, piano, guitare, flutes, backing vocals): un travail impeccable, en dialogue avec la grande prêtresse. J'en ai déjà trop dit, ça devient la foire aux hyperboles... Le tout est réédité en vinyl 180grams haute qualité par le label de réédition 4 Men With Beards, plutôt branché soul-jazz dans l'ensemble et déjà responsable de quelques très belles redécouvertes (Eddie Harris, Art Ensemble of Chicago, Eddie Gale, Aretha Franklyn...).

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