29/11/2007

L'expérience NEUROSIS (by Use)

Neurosis_Given_splashExilé depuis six mois dans un monde parallèle fait de lectures et méditations nocturnes, ma vie a pris un tour résolument solitaire... J'en ai trouvé il y a peu la bande-son ultime dans l'oeuvre du groupe californien NEUROSIS. En deux mots, l'expérience Neurosis a irréversiblement altéré ma conception de la musique et de ses conséquences. Tout bon fan du groupe qui se respecte vous le dira: entrer de plein pied dans ce monde crépusculaire n'a laissé personne intact. Un mur de son s'abattant sur vous au ralenti et redéfinissant toute chose pour un instant. Des chansons longues et dépassant régulièrement les dix minutes arrangeant des structures où rien n'est laissé au hasard, où les guitaress et les motifs mélodiques s'installent tranquillement pour monter en densité et en beauté (le groupe n'est pas pour rien, avec SLINT, l'une des influences majeures du post-rock). Cela toujours dans un forme de retenue noble et mature. Les gars de Neurosis en gardent sous la pédale, avec une sorte de suffisance qui fait froid dans le dos. Sur leurs albums les plus aboutis, jamais leur musique n' "explose" en une sorte de climax jouissif. Plutôt, l'émotion gagne en expansion, grandit, engourdit l'auditeur. Vous croyiez que TOOL était un groupe de rock intelligent doté d'un univers fascinant? Avec NEUROSIS, il est temps de faire quelques pas de plus. J'ai plongé récemment dans l'ensemble de leur discographie qui ne contient presque que des perles à partir de "Souls at zero" (1992). C'est que le groupe n'en est pas à son coup d'essai. Depuis 1992, il met en place et perfectionne sa formule magique: (batterie tribale et hypnotique) + (guitares rampantes et énormissimes) + (chant guttural) + (incrustation d'éléments folkloriques: violons, flute, cornemuse...) + (travail d'orfèvre sur les ambiances et les textures sonores) + (son surpuissant signé S. Albini). Quelle belle évolution depuis 1992. "Souls at Zero" était un album torturé, un brulôt gardant l'énergie hardcore de leurs premiers essais. Beaucoup des fans le considèrent comme l'album culte par excellence. "Enemy of the Sun" (1993) est vu par beaucoup d'autres comme l'un des albums les plus dévastateurs et les plus angoissants de l'histoire du métal. C'est en tout certainement l'un des albums les plus exigeants et les plus difficile d'accès qu'il m'ait été donné d'entendre. "Through Silver in Blood" (1997) demeure extrêmement glacial et violent: l'impression d'avoir pénétré une jungle froide et peuplée d'êtres malfaisants. Certainement le plus sombre d'entre tous, avec son successeur, "Times of Grace" (1999), également parfaitement flippant, et qui marque l'arrivée de Steve Albini à la production. Ahh, ce 'Times of grace"! Peut-être mon préféré de tous. Epique, médiéval, désespéré, il introduit une sorte de plénitude et de sérénité post-apocalytique dans l'univers de Neurosis. Un état d'esprit qui ne les quittera plus à travers "A Sun that Never Sets" (2002) et "The eye of every Storm" (2004), deux sompteux albums dans lesquels le groupe tire vers une musique plus ambiente et faussement apaisée, tout cela avec un son sublime et l'introduction de manipulations éléctros. Peut-être un bon départ pour ceux qui voudraient se lancer dans l'aventure. Enfin, cette année, ils sortent "Given to the rising", que je n'ai pas encore écouté, mais dont l'artwork me paraît évocateur: sur la pochette, une créature hybride, un cheval massif et inexpressif, armé de défenses. Un cheval monumental avançant d'un lourd galop dans une nuit sans lune, c'est à peu près ça NEUROSIS.

14:24 Écrit par dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Woaw. Suis en train d'écouter a sun that never sets. J'adore.

Écrit par : Mathias | 02/12/2007

cool...

Écrit par : Use | 03/12/2007

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